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Portrait de bénévole Michel Renoud

Michel Renoud,

un fidèle bénévole à la Halte de nuit, puis au CHRS depuis 21 ans

Michel a aujourd’hui 76 ans

Marié, père de 2 filles

Un passé professionnel et associatif qui conduisent au bénévolat …

Fils d’agriculteurs, Michel réussit des études supérieures d’Agronomie  et  démarre sa vie professionnelle déjà dans le domaine associatif. En effet, en 1960, il rejoint le Centre d’Economie de l’Ain, une organisation agricole qui a pour but d’aider les agriculteurs dans leur gestion  et qu’il va, avant de la quitter suite à une restructuration, diriger pendant 27 ans. Il s’oriente alors vers une activité de consultant et propose à des organisations agricoles et des administrations des études et des formations concernant essentiellement les domaines de l’économie et de la gestion des entreprises. Dans le même temps, il intègre un groupe de réflexion sur la « formation humaine » qui lui donne un outil de connaissance de « l’Autre » grâce à l’acquisition d’une méthode d’étude des comportements humains. Cela lui permet, quelques années avant la retraite de s’engager dans un nouveau domaine d’activité très enrichissant comprenant, d’une part, l’animation de sessions de formation sur ce thème et, d’autre part, le suivi des contrats de qualification proposés par un Fonds d’Assurance Formation des jeunes.

Michel a alors la sensation d’avoir de nouvelles perspectives, il dispose d’un peu de temps et enfin, étant chrétien, il souhaite participer à des actions caritatives. Aussi, répond-il sans difficulté à la demande de Paul Arlot, alors président du Secours Catholique et de Tremplin, qui lui propose de devenir bénévole à Tremplin (et d’ailleurs également au Secours Catholique).

Accompagner sans juger, faire confiance, user de patience

Dès 1989 Michel s’engage à la halte de nuit installée boulevard de Brou dans des conditions bien différentes de celles d’aujourd’hui. Mais très vite, aidé en cela par sa formation antérieure, il se trouve en accord avec la volonté de l’Association Tremplin d’aller, au-delà de la distribution, vers l’accompagnement. Il se souvient ainsi d’une femme accueillie en halte de jour qui pendant plus d’une heure a évoqué ses problèmes et est repartie en les remerciant, lui et une autre bénévole, de l’avoir écoutée sans rien lui demander. Il se souvient d’un certain nombre d’exposés organisés pour les bénévoles et particulièrement de celui du docteur Debat  sur la réinsertion des personnes alcooliques dans lequel ce dernier présentait le cheminement chaotique de l’un de ses patients revenu au travail après 12 ans de galère ! Dans ce registre, il cite également l’exemple suivant rapporté par un ami, infirmier psychiatrique. Celui-ci assurait le suivi d’un patient à qui il avait demandé à plusieurs reprises, mais sans succès, de se rendre dans une administration. Il s’est finalement rendu compte que c’était l’obligation de traverser une rue très fréquentée qui le bloquait et non le fait d’aller au rendez-vous.

Michel a alors l’occasion dans sa commune de Saint-Just de mettre en pratique ces divers enseignements car il rencontre 2 personnes sans domicile fixe dont il va s’occuper avec des amis en leur trouvant un toit et en les accompagnant dans leur démarche de réinsertion, réussie au bout… d’une bonne dizaine d’années ! « Aujourd’hui encore, 16 ans après la première rencontre, les contacts sont maintenus et nous nous retrouvons chaque année pour un repas en commun« .

De 1990 à 2010,  la halte de nuit a évolué

Durant cette période, la halte de nuit s’est transformée car les conditions matérielles se sont améliorées avec le déménagement dans les locaux actuels de Viriat  en 1992.

Mais plusieurs changements en modifient sensiblement le fonctionnement et l’ambiance.

Ce sont tout d’abord  les personnes accueillies qui sont très différentes et en nombre supérieur. Nous sommes passés de l’accueil de ce que l’on appelait un « clochard », parfois cultivé, qui  rejetait la société à un public plus divers. Les problèmes liés à l’alcool sont toujours bien là, mais aussi la drogue, le chômage, la précarité, le divorce, les faillites, la santé notamment au plan psychiatrique, etc… Il y a aussi plus d’étrangers, de demandeurs d’asile, des personnes de culture et de religion différentes. Même si c’est parfois une richesse, cela ne contribue pas vraiment à l’homogénéité d’un groupe. En outre, les changements administratifs et les contraintes imposées par l’évolution de la société entraînent de nouveaux problèmes.

L’évolution, c’est aussi, d’une part, au sein de Tremplin, le développement du logement en appartements d’accueil ouverts à ceux qui sont en mesure d’en respecter les règles de fonctionnement, d’autre part, le changement de statut sous forme de CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) entraînant une modification des modalités d’organisation.

Autre changement, aujourd’hui les salariés sont plus nombreux et le bénévole se demande parfois quel est son rôle! «Les bénévoles de la Halte ne dorment plus à Tremplin. Ils viennent le soir pour accueillir, participer au repas puis à la veillée lorsqu’il reste des personnes pour discuter ou jouer aux cartes !  Autrefois, lorsque l’on passait la nuit, le temps du petit déjeuner pouvait faciliter la discussion dans une atmosphère plus détendue, ce qui est peut-être plus difficile maintenant. »

Alors on continue …

En conclusion Michel Renoud confirme : « Malgré tout, je crois que la présence de bénévoles à Tremplin apporte quelque chose, des relations personnelles, un réseau de connaissances, un peu d’amitié ; des liens se nouent avec certains accueillis ; dans la rue on se reconnaît, on se parle ; cela peut avoir de la valeur pour celui qui se sent rejeté, qui souffre de la solitude… »

Propos recueillis par Jacques Cotton

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